dimanche 16 mars 2014

Y'a pas de prévenance de Jean-Charles Hue

Nombre de pages : 158 pages
Date de parution : 2012
Fiche du Livre

Quatrième de couverture
Y’a pas de prévenance ! rassemble pour la première fois les écrits de Jean-Charles Hue. L’artiste a conçu cet ouvrage comme un parcours à travers son univers artistique, entre le monde gitan et le Mexique de Tijuana et des combats de chiens. Il a pour ce faire mis en dialogue ses textes avec des images tirées de ses films, de ses vidéos et de ses séries photographiques, dont une a été réalisée spécialement pour l’occasion.

On y retrouve les personnages et les histoires, à la fois pleines d’humour et habitées d’un souffle épique, qui traversent ses vidéos et films. La langue orale et argotique qui caractérise ses écrits use de sonorités proches du vieux français et nous emmène dans un monde atemporel. Les objets (quart militaire, pistolet, couteau, voiture) qui sont récurrents dans son vocabulaire artistique servent ici de guides dans une atmosphère qui mélange crudité et sensualité.


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Avis de Lady Swan
Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Aux forges de Vulcain ainsi que le forum Le sanctuaire de la lecture pour ce partenariat. J'ai pu vivre, grâce à vous, une expérience totalement nouvelle, même si elle me donne maintenant du fil à retordre! La rédaction de cette chronique ne sera pas facile, mais j'espère trouver les mots justes pour rendre hommage à l'auteur de ce chef-d’œuvre!

Avant d'ouvrir le livre, on ne peut pas se douter de ce qui s’y trouve. La couverture est sans artifices et l'absence de résumé sur quatrième de couverture ne donne aucun indice quant au contenu. Habituellement, ce n'est pas le genre d’ouvrages qui m'aurait attirée en librairie, mais j'ai maintenant la preuve qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture! Cette œuvre mélange des prises de vue tirées de certains films de Jean-Charles Hue et ses écrits. Chacun des textes est accompagné d'une série d'images ou d'une image unique. Il faut alterner entre la lecture et l'observation des photographies pour bien comprendre ce qui les unit. Ce qui m'a fascinée, c'est le côté sombre et la sobriété des écrits et des illustrations. Les histoires peuvent tenir sur un seul paragraphe ou sur une dizaine de pages ; la lecture est donc rapide.

J'ai particulièrement aimé le fait que le contenu soit bilingue car la plupart des textes en français sont très difficiles à lire. Ils sont écrits en argot. Certains mots semblent être propres à une culture ou à un coin de pays qui n'est pas le mien. Je pense que si je ne n'avais pas eu la version anglaise, je n'aurais sûrement pas pu terminer ma lecture. J'ai donc fait une alternance entre les deux langues.

Cet ouvrage illustre en mots et en images une histoire, une partie de la vie de son auteur. Je ne le connaissais que de nom mais, maintenant, j'ai l'impression d'avoir plongé complètement dans son univers. L'entretien avec ce dernier, à la fin, ne fait qu'amplifier ce sentiment. C'est la partie du livre que j'ai préférée car nous sommes directement confrontés au personnage qu'est Jean-Charles Hue. C'est beaucoup plus facile de comprendre les textes lus précédemment et de les associer à son histoire personnelle.

C'est un ouvrage que je conseille à un public adulte ou averti car la lecture est fastidieuse par moment. Il ne me reste plus qu'à remercier l'auteur d’avoir créé un si bel univers!


Avis de Lolly
Étonnant. Si je devais choisir un seul mot pour décrire cette œuvre, ce serait celui-là. Etonnant. Au fil des pages, je suis allée de surprise en surprise jusqu’à la fin. Ce qui est certain, c’est que le livre de Jean-Charles Hue n’est pas ordinaire. Je vais donc commencer par remercier le forum A&M pour l’organisation de ce partenariat, et les éditions Aux Forges de Vulcain de m’avoir offert ce livre en échange d’une chronique honnête. Ce fut une découverte remarquable et je suis heureuse d’avoir saisi l’opportunité de lire quelque chose de différent.
Je voudrais tout d’abord me concentrer sur l’apparence du livre car sa qualité m’a beaucoup impressionnée. L’image de couverture est plutôt sombre et il n’y a pas de résumé sur la quatrième de couverture. Ce sont normalement des défauts que je ne supporte pas. Pourtant, lorsque j’ai ouvert le livre, la mise en page m’a coupé le souffle : il y a des images, différents types de textes, des captures d'images tirées de films... Le tout très élégant, et c’est une édition bilingue français – anglais. Je suppose qu’étant donné le parcours artistique de l’auteur on pouvait s’y attendre mais, honnêtement, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce livre.
En ce qui concerne la lecture, je dois admettre que j’ai ressenti une certaine confusion au début. Une confusion à cause des images que je ne comprenais pas vraiment. À cause du côté sombre qui transparaît des textes et des photographies. À cause du vocabulaire, de style oral et familier. À cause de la version bilingue, aussi : par où commencer ? Par le français ou l’anglais ? J’étais quelque peu déstabilisée par l’aspect inhabituel de ce livre. J’ai décidé de lire les textes en français puisqu’il s’agit de la langue originale, et ensuite en anglais. En vérité, j’ai fait un joli mélange de tout cela. Au fil des histoires, je me suis habituée au style et j’ai commencé à comprendre les images.
L’ouvrage est composé de neuf textes différent, dont la longueur varie entre quelques lignes et douze pages. Ils nous emmènent en voyage dans l’univers de l’auteur, recréant des moments importants de sa vie. Ainsi, nous découvrons quelques anecdotes de son enfance, de sa vie avec les gitans, du Mexique, et de différents autres personnages… Aucun d’entre eux n’est conventionnel et tous paraissent un peu étranges au premier abord, mais on apprend à les connaître et pour finir, on comprend leur importance aux yeux de Jean-Charles Hue. Le vocabulaire utilisé a certainement été mon plus grand problème : de l’argot, des expressions de la langue parlée, des mots spécifiques aux milieux particuliers que j’ai mentionnés plus haut. Heureusement, l’avantage de la version bilingue est que je pouvais facilement passer du français à l’anglais quand j’avais un doute, ce qui a amélioré ma compréhension globale.
Un autre point fort du livre est l’interview que l’on trouve à la fin. Il comprend des questions posées par la responsable d’édition et les réponses de l’auteur. Elles nous donnent des informations supplémentaires sur la vie de Jean-Charles Hue, sur sa vision de l’art et aussi des explications à propos de certaines photographies et leur importance affective pour lui. Dans ces pages, plus d’argot, le style est soigné et élégant, ce qui constitue un contraste clair avec les petites histoires. J’ai aimé ce changement car il marque la différence entre le monde réel et le monde artistique. L’argot est le charme du milieu gitan, de Mexico. Il nous y transporte.
A la fin, il y a également une courte biographie de l’auteur et une légende des images, qui est très utile pour mieux les comprendre. Le fait que grand nombre d’entre elles soient tirées des films réalisés par Jean-Charles Hue m’a donné envie de regarder ces derniers et, tout comme j’ai aimé le livre, j’ai aimé les quelques extraits que j’ai pu visionner jusqu’à maintenant. La seule critique que je pourrais formuler concerne les couleurs de scènes, qui par leur obscurité nous empêchent de bien distinguer les sujets de l’image. J’aurais aimé pouvoir distinguer plus de choses, saisir une plus grande quantité de détails, mais je crois comprendre pourquoi l’obscurité a été choisie ; elle convient mieux aux textes et donne un aspect mystérieux aux images.
En ce qui concerne le public cible de cet ouvrage, je ne sais pas exactement à qui je le recommanderais. A mon avis, le plus important est d’être ouvert car c’est un travail très inhabituel. Je ne pense pas qu’une affection particulière pour l’art contemporain soit nécessaire pour apprécier le livre, même si la plupart des images sont de ce style. Je dois admettre que je n’y suis normalement pas sensible, mais j’ai beaucoup aimé ma lecture. Tous ceux intéressés par un voyage dans un monde qui est tout sauf commun, qui souhaitent rencontrer des gitans et des Mexicains, et à qui l’argot et le style oral ne posent pas de problème, apprécieront sans aucun doute Y'a pas de prévenance.

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