lundi 31 mars 2014

Le lac aux îles enchantées de William Morris

Nombre de pages : 463 pages
Date de parution : réédité le 21 novembre 2012 (première parution en 1897)
Fiche du Livre

Quatrième de couverture
Petite-Grive est une jeune femme dont la grande beauté inspire la vénération. Elle échappe à la sorcière qui l’a tenue prisonnière toute son enfance et sillonne le lac aux îles enchantées sur un bateau magique qui se nourrit de son sang. Sur chaque île, elle découvre divers aspects de l’existence et se trouve bientôt embarquée dans une quête où demoiselles et chevaliers, magiciens et sorcières se côtoient. Aidée par une fée protectrice, elle trouvera finalement l’amour, l’amitié et sa place dans le monde, au terme de ce touchant récit d’apprentissage et d’épanouissement féminin.


Photobucket


Avis de Blackangel
Pour cette lecture du roman Le lac aux îles enchantées, je tiens à remercier le forum des Accros et Mordus ainsi que les éditions Aux Forges de Vulcain, car c’est par le biais d’un partenariat que m’a été donnée la possibilité de découvrir William Morris, dont je n’avais jamais eu vent auparavant.
Ce livre a fait l’œuvre d’une première édition un an après le décès de son auteur. Et il a fallu attendre 2012, soit 115 ans, pour que ce titre fasse l’objet d’une réédition grâce au travail réalisé par Aux Forges de Vulcain, avec une traduction de Francis Guévremont.
Le lac aux îles enchantées est découpé en sept parties qui représentent chacune une période de la vie de Petite-Grive. Dans la première, nous découvrons son enlèvement et sa jeunesse passée en captivité aux côtés de sa geôlière. Ensuite la deuxième partie la voit explorer les îles enchantées. Des merveilles et des mystères l’y attendent, tout comme des rencontres.
Celles-ci, ainsi que les retrouvailles vont ponctuer l’aventure que nous conte William Morris. D’ailleurs, celles-ci vont marquer notre héroïne et seront à l’origine des tournants de sa vie.
La première et la plus marquante est sans aucun doute celle qu’elle fera avec sa protectrice. Un lien des plus particuliers se crée entre elles et aura un impact tout au long du roman.
D’autres suivront et l’entraîneront dans une quête au nom de l’amitié. Cette mission se révélera une initiation à la vie après n’avoir faire que survivre toute son enfance.
Nous la verrons ainsi s’épanouir et devenir une jeune femme d’une indéniable beauté et qui ravira bien des cœurs. D’une ingénue lors de ses premiers pas parmi les hommes, après avoir vécu si longtemps en isolement forcé auprès de la sorcière, elle deviendra une femme qui n’ignore rien de l’effet qu’elle produit sur le sexe opposé. Elle ressentira ces émotions qui font battre nos cœurs.
Dans un style très marqué par l’époque dont est originaire ce récit et avec un remarquable travail de traduction qui lui rend grâce, on découvre que Le lac aux îles enchantées contient bon nombres de bases d’un genre littéraire qui n’était que vacillant à l’époque. Mais pourtant, bien que ne manquant pas d’intérêt, cette histoire me fut, par moments, laborieuse à lire car j’avais le sentiment d’être noyé sous les tournures de phrases qui m’ont toujours fait détester les cours de littérature, alors que ce que je lisais me poussait à vouloir poursuivre.
Quelques lenteurs viennent parfois saccader le roman, mais ne sont pas à blâmer, car elles font partie intégrante de ce texte et, de manière générale, servent à nous dévoiler les émotions et sentiments qui habitent l’héroïne, elle qui ne connaît que bien peu de choses à tout cela.
Les parties s’enchaînent et nous ne pouvons qu’être subjugués par les changements qui s’opèrent chez Petite-Grive ainsi que dans sa vie. D’une jeune fille niaise, elle se transforme en femme fatale, sûre de ce qu’elle veut et d’un courage et d’une force de caractère à toute épreuve.
C’est pourquoi, lorsqu’arrive le final de ce récit, nous sommes à la merci de William Morris qui nous mène là où il le veut, vers un dénouement que certains espéreront et que d’autres n’auront peut-être pas pu prévoir. Mais, quel qu’il soit, le roman aura accompli de fort belle manière sa besogne qui est de nous transporter très loin pour notre divertissement et notre plaisir.

Je ne peux donc que fortement remercier Aux Forges de Vulcain et le forum des Accros & Mordus de m’avoir offert l’occasion de réaliser une découverte des plus intéressantes.


Avis de Michiko
Résumé personnel : "Il était une fois dans la contrée de Purpaille, une vieille femme qui s’occupait de faire son marché, vendant ses produits issus de son dur labeur. Accompagnée de son âne, elle traversa Purpaille, semblant vouloir rentrer chez elle mais s’arrêta devant une femme et son enfant, mendiant pour avoir à manger. La vieille femme décida alors d’aider cette mère en lui offrant de l’or pour qu’elle puisse subvenir à ses besoins..."

Sans rentrer dans les détails, la vieille femme finit par kidnapper l’enfant et l’emmène avec son âne et elle du côté de la Male-Seve, une forêt où, dit-on, se cachent de monstrueuses créatures. C’est ainsi que commence l’histoire de Petite-Grive, jolie petite fille qui grandira et vivra auprès de « la Sorcière » qui l’utilisera pour s’occuper des bêtes, labourer etc. Cependant, l’histoire de Petite-Grive ne s’achève pas ici, en effet, elle sera amenée à vivre de nombreuses aventures sur le lac aux îles enchantées mais je préfère éviter de développer ici.

Critique : Pour ne rien vous cacher, j’ai mis beaucoup de temps entre la lecture du livre et l’écriture de la critique, tout simplement parce que je ne savais pas comment vous en parler, j’étais encore enfermée dans l’univers du roman. En effet, « Le lac aux îles enchantées » est très prenant, j’ai tout visualisé dans ma tête et j’ai ainsi pu vivre l’histoire de l’intérieur. Ce qui est vicieux c’est qu’on ne s’en rend compte qu’une fois le livre terminé, lorsqu’il nous est impossible d’en sortir.

De plus, l’histoire enchaîne les événements, ce n’est jamais totalement terminé, il y a toujours quelque chose d’inattendu qui arrive et nous entraîne dans une nouvelle aventure. Par conséquent, même à la fin du livre, on se dit qu’un nouvel élément perturbateur va surgir pour entraîner nos héros (car il n’y a pas que Petite-Grive, d’autres personnages interviennent et sont importants) dans une nouvelle aventure passionnante et palpitante. Mais la dernière page se tourne et on réalise alors que tout est fini, pour de bon cette fois et je dois reconnaître que j’étais un peu triste de le terminer.

Parlons un peu plus du roman. « Le lac aux îles enchantées » se définit comme un roman mais il faut bien admettre que ce terme ne lui convient pas. Il se rattache beaucoup au conte avec des histoires chevaleresques, des sorcières, une héroïne qui parcourt le monde et découvre des îles « enchantées », etc. Mais pas seulement puisque nous avons aussi quelques aperçus, selon moi, du roman initiatique et gothique (pour les lecteurs, je fais référence au chevalier rouge).

A priori, on mettrait ce roman entre de petites mains mais William Morris utilise un langage soutenu et, sans rentrer dans du détail cru ou sanglant, il raconte des événements qui ne sont pas compréhensibles pour des enfants. Cependant, le roman reste à la portée de tous, il n’y a pas de censure à apposer sur le texte. Mais je m’égare en explications et ne parle pas de l’essentiel. Le roman est dense, certes, mais il est riche en événements ce qui permet d’éviter de traîner en longueur. De plus, on en apprend davantage sur l'histoire d'autres personnages (dont ils sont les narrateurs) ce qui permet d'éviter de se concentrer uniquement sur l'héroïne et ainsi de les mettre en avant. William Morris nous montre ainsi qu’il a travaillé chacun de ses personnages et pas seulement celui de Petite-Grive. En plus d’être charmé par l’histoire, on est charmé par les descriptions et les décors envoûtants. Une petite perle donc.

Le roman est découpé en plusieurs parties et chaque partie comporte un titre qui la résume. A l’intérieur nous avons de nombreux chapitres qui peuvent faire moins d’une page et correspondent à un événement en particulier, comme par exemple « Petite-Grive rencontre tel personnage ». Le narrateur est toujours présent à nos côtés (le roman est découpé en parties à la fin desquelles la suite est introduite par un titre toujours significatif) mais j’ai trouvé que les chapitres étaient de trop. En effet, il annonce ce qui va suivre et cela atténue les effets de surprise, mais ce n’est qu’un détail qui ne gâche pas la lecture du roman pour autant. J’ignore s’il s’agit d’un point négatif ou positif mais à la fin de l"histoire, j’avais quelques questions sur les îles enchantées. Petit-Grive les explore et en apprend un peu sur elles mais la jeune fille ne cherche pas plus loin, ce que j’aurais fait à sa place, alors je reste avec mes questions. Mais peut-être que certains lecteurs apprécieront cette part de mystère…

Je remercie les éditions Aux Forges de Vulcain ainsi que le forum A&M pour ce partenariat enrichissant.


Avis de Missdeath
Tout d’abord, je tenais à remercier les éditions Aux forges de Vulcain pour cette traduction inédite permettant aux francophones de découvrir l’œuvre de William Morris.

Ce livre est assez difficile à critiquer car mon avis est très mitigé, il y a de très bon points, mais d'autres m'ont déçus.
A mes yeux, ce roman est un long conte. En effet, la présence de sorcières, de magie, de fées ou encore de chevaliers nous immerge dans un monde fantastique et un brin enfantin. Mais ce conte, de plus de 400 pages tout de même, peut aussi être décomposé en plusieurs petits contes. Petite-grive, la jeune héroïne, va vivre de nombreuses aventures et chacune d’entre elles se décomposent sous la forme : introduction, élément perturbateur, péripéties, tout est bien qui finit bien. Cette construction n’est pas désagréable, au contraire, mais elle induit de nombreuses répétitions qui, à mon sens, alourdissent la lecture.

Le premier personnage que rencontre Petite grive, mise à part la sorcière chez qui elle est détenue, est une fée qui lui ressemble beaucoup. Nommée Habonde, elle va la guider et lui apprendre beaucoup de choses telles que la broderie ou la sagesse. On retrouvera ce personnage dans les dernières parties du récit où elle aura un rôle très important. Je l'ai beaucoup aimé, elle peut représenter Marraine la bonne Fée, ou encore Dame Nature.

Lorsqu’elle partira vivre son aventure, elle rencontrera de nombreuses personnes. Petite-grive est belle, gentille, intelligente. Tant de qualités qui lui permettront de toujours s’en sortir et de bien s’entourer. On en arrive à lui souhaiter un peu de malheur et de catastrophes car sa vie tourne trop bien, c’est trop rose malgré ses quelques mésaventures. Heureusement, le lecteur impatient (ou jaloux peut-être ?) sera récompensé à la fin du roman car la vie de Petite Grive va prendre un tout autre rythme ! Les actions s’enchaînent, tout va vite et tous les éléments qui ont pu paraître longs précédemment montrent leur véritable utilité. Mon avis sur l’histoire a vraiment changé avec les deux derniers chapitres, qui sont au nombre de sept.

Ensuite, il faut dire que l’écriture de William Morris, qui est un écrivain du XIXème siècle, est très belle. Une telle écriture est nécessaire à un conte, ça l’embellit, le rend fluide… et on reconnaît bien là l’âme d’un poète. Malgré ce langage, la lecture est à la portée de tous et elle conviendra aux petites filles, mais aussi aux plus grandes qui prendront plaisir à découvrir l’épanouissement d’une jeune rose.

J’ai été très heureuse de participer à ce partenariat avec les éditions Aux forges de Vulcain et le forum Le sanctuaire de la lecture.

D'autres chroniques ici.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire