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mardi 1 avril 2014

L'Ouroboros d'Argent d'Ophélie Bruneau

Nombre de pages : 268 pages
Date de parution : juin 2013
Fiche du Livre

Quatrième de couverture
Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd'hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage.
Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd'hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l'objet responsable d'une vieille malédiction.

À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n'hésitera pas à détruire la vie d'Axel s'il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l'aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l'Ouroboros d'argent.

L'artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?




Avis d'Inlandsis
L'Ouroboros d'Argent est un roman de bit-lit, du genre très en vogue en ce moment. Dans la France contemporaine, nous découvrons les pérégrinations d'Axel qui cherche à ramener un mystérieux héritage d'un bout du pays à l'autre. Seulement voilà, l'héritage intéresse également Célia, un puissant loup-garou. Cette dernière est prête à tout pour s'en emparer.
De la bit-lit donc, mais de la bit-lit originale ! En effet, notre héros est bel et bien un héros : Axel ! Ensuite, les événements se passent sur les routes de notre bonne vieille France. Et puis, les héros, ici, ce sont les loups-garous et non des gentils vampires... des gentils (ou pas) petits loups quoi... Une bonne réutilisation des classiques du genre qui sert un récit qui sort des sentiers battus.
L'histoire est donc nimbée de mystères même si certains sont assez évidents à résoudre et on n'est pas vraiment étonnée. En fait, on n'est jamais vraiment surpris par les péripéties et autres rebondissements. Toutefois, le rythme est soutenu, l'histoire prenante et la plume de l'auteur très abordable. On passe donc un excellent moment avec cette lecture.

Les personnages nous sont présentés lentement : on les découvre au fur et à mesure des pages. Et bien qu'on soit guère surpris par les uns ou les autres, on ne peut qu'apprécier la savante distillation des informations au fil des pages.
Les péripéties de nos héros sont, quant à elles, assez surprenantes, et l'auteur nous livre de bonnes trouvailles scénaristiques. Bref, on est loin des poncifs de la bit-lit que l'on peut lire à tous les coins de rue. J'ai adoré la ville interdite aux loups-garous par exemple.
Le mystérieux héritage convoité par tous et le dénouement sont peut être un poil décevants : on s'attendait tellement à quelque chose de grandiose que l'on est surpris. Toutefois, a posteriori, il est évident que ce n'est pas tant la fin qui importe que les péripéties pour y aboutir. Et finalement, c'est assez agréable de se dire que même dans un roman, certains efforts peuvent être vains...

L'écriture est à l'image du récit, soignée et abordable. Rien d'excessif mais le plaisir simple d'une bonne lecture et d'une bonne histoire. L'Ouroboros d'Argent est un livre que je voulais lire et qui est à la hauteur des attentes que j'en avais. Je remercie la maison d'édition « Les éditions du Chat noir » ainsi que le Sanctuaire de la lecture pour m'avoir permis de découvrir ce sympathique récit.


Avis d'Aurélie
L’Ouroboros d’Argent d’Ophélie Bruneau est un roman de bit-lit qui se lit sans prise de tête et qui, pourtant, se savoure. A la mort d’un loup-garou qui n’a jamais fait l’unanimité au sein de son espèce, les représentants de deux clans se lancent à la poursuite d’un objet qui lui appartenait, un objet important aux yeux de Célia, amenée à devenir la dominante du clan de Dijon. En effet, l’histoire de son grand-père a été marquée par l’ouroboros. Ce dernier est un objet que doit retrouver Axel, envoyé par la meute de Nantes, s’il veut pouvoir sortir du traquenard dans lequel il est tombé : Célia est persuadée que l'ouroboros fait partie de l'héritage promis au dominant de Nantes.
Les événements s’enchaînent alors à une vitesse folle, les personnages mêlés à l’affaire se retrouvent pris dans une spirale où l’on se laisse entraîner avec eux. Pas de blanc ou de noir ici, juste des personnages avec leurs propres intérêts et aux méthodes complètement opposées mais surtout des personnages qui suivent les mêmes règles, celles des garous. Personne ne contacte la police : les humains n'ont pas à se mêler des affaires des garous, et personne ne cherche à échapper à son devoir : chacun accomplit ce que l'on attend de lui, quelles que soient les réticences qui pourraient se faire sentir.

Je ne suis pas une grande fan de bit-lit même si j’en lis et là, j’ai été conquise. Le mythe du loup-garou est revisité avec brio, Ophélie Bruneau a fait un choix risqué mais récompensé. J’ai complètement adhéré à sa vision des choses. L’histoire est courte mais haletante du début à la fin : une fin abrupte qui nous coupe littéralement dans notre élan et nous fait regretter de ne pas avoir plus. C’est toujours dans ces moments-là que je sais que j’ai aimé un livre : quand je veux plus, quand je veux une suite, retrouver les personnages, suivre une nouvelle fois leurs aventures !
Le monde des créatures magiques est revisité : on reste évidemment sur une base commune à tous les romans du genre avec des garous, des sorciers, des êtres féériques… Mais l’impression de renouveau reste présente du début à la fin du roman et c’est rafraîchissant. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir pu en savoir plus sur les petites fées qui se baladent, invisibles aux yeux de tous. C’est vil de ne donner que si peu !

Les personnages sont nombreux et ont tous une personnalité propre, bien développée pour un roman de cette taille. Axel, le chevalier en armure qui n’a rien demandé à personne et dont la vie bascule d’un seul coup, est le personnage qui ressemble le plus à un héros sans peur et sans reproche mais qui possède ses failles et qui lui aussi fait des erreurs aux conséquences dramatiques. Célia est l’incarnation du personnage mauvais et pourtant, elle n’est pas le stéréotype du personnage noir (avouons que souvent, dans les romans de bit-lit, le méchant est mauvais uniquement parce qu’il en faut un et que les raisons passent souvent à la trappe) et n’a pas des intentions moins nobles que d’autres. La garou est agaçante, ses méthodes sont tout sauf subtiles, ses réactions me semblaient un peu exagérées parfois pour paraître réalistes, mais Célia est développée et possède un réel caractère, pas simplement quelque chose de survolé pour feindre de donner le change. D’autres personnages apparaissent évidemment dans ce roman : Léonie, dont la spontanéité et la générosité ont su m’enchanter, Capucine dont la fragilité et la douceur m’ont touchée, Dérénik dont le comportement marginal semble si naturel que c’est un plaisir de voir qu’il existe encore des auteurs capables de faire preuve de cohérence, le fils du défunt qui, malgré sa nature humaine, fait tout pour aider les « camarades » de son père… Aucun personnage mêlé à l’action n’est bâclé, chacun a sa pierre à apporter à l’édifice, chacun possède son utilité propre. Un panache de personnalités qui offre un roman à la hauteur, voire plus : je ne pensais pas prendre autant de plaisir en lisant ce livre.

Evidemment, l’écriture y est aussi pour quelque chose. Les citations qui introduisent chaque chapitre peuvent paraître superflues et pourtant, j’ai à chaque fois pris le temps de les savourer. Certaines m’ont même complètement surprise : je ne m’attendais pas à retrouver La Rue Kétanou dans un roman de bit-lit par exemple. Me laisser surprendre par une simple citation n’a fait qu’ajouter une part de plaisir à ma lecture sans que je ne sache expliquer pourquoi et je ne chercherai pas à comprendre : à trop décortiquer les émotions, on finit par perdre le ressenti brut.
Le style de l’auteur n’est pas transcendant mais il colle parfaitement au roman : les mots sont justes et permettent de comprendre les émotions des personnages, de visualiser les décors, de plonger sans problème dans l’histoire. La spontanéité de Léonie a, par exemple, été très bien retranscrite à travers les dialogues et c’est une chose qui n’est pas aisée : son humour a atteint son but.

Il y a tant de choses à dire sur des détails de l’histoire, sur l’ouroboros et ce qu’il en advient à la fin, sur le dénouement de l’affaire, sur ce qu’il arrive aux personnages… Mais trop s’étaler reviendrait à dévoiler des clés du livre que je préfère garder pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui se laisseraient tenter par cette aventure. Ce n’est pas un livre époustouflant, il ne révolutionnera pas le genre mais du moment qu’il se savoure, pourquoi s’embarrasser de longs discours ? J’ai aimé et cela me suffit amplement.

Je remercie les Editions du Chat Noir ainsi que le forum Accros & Mordus de Lecture pour cette découverte. J’espère secrètement pouvoir un jour passer de nouveaux bons moments avec les garous du roman, ou au moins de nouveaux personnages sortis de l’imagination d’Ophélie Bruneau.

D'autres chroniques ici.

Amulettes de Véronique Ajarrag

Nombre de pages : 368 pages
Date de parution : mai 2013
Fiche du Livre

Quatrième de couverture
Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d'imaginer qu'il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l'un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l'objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.

Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n'avaient été qu'un seul et même couple?




Avis d'Erine
Amulettes c’est une histoire de réincarnations, d’amour, d’une malédiction, d’une mère trop envahissante, de cultures anciennes…. C’est un récit riche, prometteur dont la quatrième de couverture éveille la curiosité pour peu que l’on ait déjà su apprécier ce phénomène des réincarnations dans d’autres livres. Cela avait été mon cas, je m’étais laissée tenter en espérant au fond de moi que je n’y verrais pas trop de similitudes avec mes autres lectures. Finalement, j’en ai trouvé avec des éléments proches à la culture sumérienne, à l’Aratta, à Uruk, un contexte sublime qui permet aux auteurs beaucoup de libertés pour nous faire rêver. Et à l’inverse, je n’ai pas rencontré la même manière de présenter la réincarnation en tant que telle. Ici, elle concerne un couple d’amants maudits qui se retrouvent à travers les âges, une malédiction pèse sur eux, à chaque fois le phénomène se répète. Une façon bien trouvée pour embarquer le lecteur dans une histoire d’amour composée d’aventures, d’une quête…

          La forme du récit est, de plus, très agréable et atypique. Elle débute par une sorte de conseil des médecins qui nous ramène quelques semaines en avant, au travers du journal de Jérémie Ian, un psychologue. Jérémie se fait le narrateur pour la grande majorité de l’histoire d’événements qu’il a vécu. Il explique que tout a débuté par l’intrusion d’Agrippine dans sa vie, après que celle-ci a pris un rendez-vous dans son cabinet pour une consultation. Très vite, on se rend compte même sans être médecin et surtout au travers des pensées du narrateur que ce rendez-vous est étrange. Ce n’est pas le docteur Ian qui mène l’entretien mais Agrippine. Elle a besoin de lui raconter son histoire pour qu’il l'aide. Ce dernier est sceptique mais très vite on se rend compte qu’il se prend au jeu. De fil en aiguille, il se retrouve au cœur d’une incroyable quête pour briser une malédiction.

          L'alternance des récits entre le passé et le présent donne du rythme à l'intrigue. Pour le présent, on connaît l’ensemble des événements grâce à Ian. Pour le passé, on en prend connaissance au travers de rêves, de faits racontés par certains intermédiaires dont Agrippine. L'histoire est aussi très intense à cause des nombreux voyages qui sèment le présent comme le passé. Avec les nombreux changements de lieu, le cadre spatio-temporel est brouillé, mais cela n'en fait pas un défaut car l'auteur présente tout cela de manière très posée.

          Cependant certaines choses m’ont gênée. Tout d’abord, il y a une tendance à ce que certains faits apparaissent peu crédibles sur l’instant. Ce n’est pas du fait de l’ajout du fantastique à l’histoire mais l’ordre ou la façon dont cela est racontée si bien qu’à plusieurs reprises, il est difficile de s’y retrouver si on s’attache à la cohérence du récit. Mais cela se décante plus tard donc je pense qu’il faut par moments un certain recul pour lire ce livre.

          Malgré tout, un personnage ne m’a pas convaincue, c’est Agrippine , notamment avec l'ascendant sur son médecin ou encore la persuasion rapide de Jérémie Ian. Derrière, on sait qu’il existe de plus grandes forces en jeu évidemment qui expliquent ces réactions mais pas assez surtout avec la quasi absence de toute l’intrigue d’Agrippine. Je n’ai pas su la comprendre, je n’ai pas trouvé une évolution linéaire avec ses anciennes vies ou du moins pas les explications qui pouvaient permettre que ça soit clair et net dans mon esprit.

          La sollicitation de Catarina m’a paru trop aisée aussi tout comme Clara, amie et colocataire d’Agrippine et Mortimer, ami du docteur Ian et qui le suit assez facilement. J’imagine qu’il n’aurait pas été évident d’ennuyer le lecteur avec des argumentations complexes et imagées mais cela aurait donné peut-être plus de logique à l’intrigue.

          Un petit bout d’un récit des temps anciens m’a aussi paru arriver comme un cheveu sur la soupe, Agrippine n’a pas eu le temps de finir de lui conter cette histoire et on ne sait pas si c’est au travers d’un rêve de Ian qu’on doit imaginer tout ceci. J’ai aussi une interrogation qui est restée sans réponse quant à la disparition d’Agrippine, on ne sait pas vraiment comment cela s’est passé, où elle était, par qui ?

          Mise à part ceci, je n’ai que peu de reproches, au contraire. Le contexte est respecté, je trouve que Véronique Ajarrag s’est surpassée pour conter les histoires du passé, elle m’a fait rêvée avec l’ambiance des « milles et une nuit », avec une histoire d’amour magnifique traversant les âges et cet amour fusionnel si bien décrit (et c’est une non romantique qui parle).

          Concernant, les personnages, mis à part Agrippine, tous ont été bien travaillés. Pour certains comme Jessim, un ami d'Agrippine ou Mortimer, on les connait dans la vie actuelle. Au contraire, pour d'autres, comme Dabib, le protecteur d'Ishtar ou Jandra, on les connait grâce au passé. La fin lève le voile sur de nombreux mystères et certains inattendus.

          Excepté quelques impressions personnelles qui ont mitigées ma lecture, je conseille à tout lecteur de lire Amulettes qui est un récit original, intense et dynamique nous faisant voyager à travers l’Histoire au travers d’un couple fusionnel.

          Et pour finir, je remercie les éditions du Chat Noir et le forum Accros & Mordus de m’avoir permis de faire cette lecture.


Avis de Chouquette
Amulettes, est un roman assez particulier mais passionnant, qui vous plonge dans une histoire qui vous en raconte d’autres. Malédiction, réincarnation et amours maudits, Véronique Ajarrag nous entraîne dans une histoire captivante et riche en émotions. Indéniablement, c’est aussi un récit hors du commun qui vous fait découvrir toute une mythologie, donnant au roman une autre dimension et le rendant plus réel et palpable.

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire de romans traitant de la réincarnation, c’était donc une petite nouveauté vraiment appréciable, d’autant que cela enrichit le récit d’une manière assez conséquente. En effet, l’auteur nous permet ici de découvrir la mythologie sumérienne, avec des descriptions magnifiques, qui nous donneraient presque envie de revenir en arrière, pour vivre toutes ces choses. En cela, on sent que l’auteur a dû faire un véritable travail de recherche, de manière à nous proposer une histoire crédible et historiquement cohérente.

Nous sommes amenés à suivre ici Agrippine et le docteur Ian, deux personnages assez atypiques qui vont se retrouver au cœur d’une épopée passionnante, qui les entraînera au cœur du Moyen-Orient et sur les traces de la mythologie sumérienne. En effet, Agrippine affirme être le fruit de nombreuses réincarnations et demande au docteur Ian, psychiatre de son état, de lui accorder une semaine entière pour prouver ce qu’elle dit. Et à partir de cette simple rencontre, l’auteur nous dévoile un récit magnifique où la magie se mêle à l’Histoire.

Mais ce que j’ai vraiment aimé dans ce roman, c’est cette invitation au voyage que l’auteur nous propose. Quand vous ouvrez Amulettes, vous entrez dans un monde totalement différent, complètement nouveau et nous, lecteurs, sommes incroyablement dépaysés. Le livre est intrigant, bien que la fin soit assez prévisible, palpitante même, mais ce qui m'a touchée, reste les somptueuses descriptions que nous offre Véronique Ajarrag. Tout au long de ma lecture, je n’étais plus en France, j’étais ailleurs avec les personnages, dans un autre pays et dans une autre époque.

Et s’il faut un peu de temps pour s’habituer à l’alternance des points de vue, celle-ci ne fait que donner plus de force au roman et est bénéfique à l’histoire. On découvre ainsi comment chacun vit cette histoire, et cela m’a beaucoup émue. Amulettes, c’est beau, c’est poétique et c’est transcendant. Ce n’est pas simplement une histoire d’amour ou de vie et de mort, non, c’est une histoire qui traverse l’Histoire pour nous offrir quelque chose d’unique.

Véronique Ajarrag m’a complètement séduite, à la fois par son récit et par son écriture qui est d’une fluidité incroyable. Ce genre de roman me rappelle pourquoi j’aime la lecture et pourquoi je lis autant. Amulettes est un véritable coup de foudre !

D'autres chroniques ici.

lundi 31 mars 2014

Les Damnés de Dana, Tome 1 : La Dame Sombre d'Ambre Dubois

Nombre de pages : 308 pages
Date de parution : 2012
Fiche du Livre

Quatrième de couverture
Au pied d'un cercle de menhirs, une jeune femme aux cheveux et aux yeux couleur corbeau se réveille. Qui est elle? Elle l'ignore. Ou se trouve-t-elle? Elle va bientôt le découvrir… En plein territoire picte, résistant aux envahisseurs romains, une tribu celte recueille la mystérieuse femme. Rapidement, elle va se trouver mêlée au quotidien de ce peuple, à ses légendes, à ses mystères et à ses désespoirs. Le cercle de pierres sera-t-il la clef qui lui rendra son identité? A moins que ce ne soit le vampire qui la surveille dans l'ombre...


Avis d'Erine
Je tiens tout d’abord à remercier les Editions du Chat Noir tout comme le forum Accros et Mordus sans qui je n’aurais pu faire cette découverte littéraire.

J’ai choisi de participer à ce partenariat organisé sous forme de tour pour deux raisons très simples : son résumé attractif mêlant le « mystère » au cœur d’une période antique et sa couverture qui m’a agréablement charmée. Elle représente Mévéa, l’héroïne de la Dame Sombre, à la beauté enchanteresse se baignant dans un lac souterrain. Cette illustration donne déjà les notes reposantes et vivifiantes que le texte utilisera tout au long de l’histoire et qui m’ont beaucoup plu.

Roman original sans aucun doute, il présente une période de l’Histoire inédite dans le genre fantastique, du moins à mes yeux. Je le considère comme tel car c’est une première dans mes lectures de se trouver dans l’Antiquité. Contexte choisi totalement approprié, il permet de nous balader dans un univers peuplé de croyances celtes avec des divinités telles que Andarta, Balor ou encore Dana. Période aussi mouvementée car le peuple Picte subit le dénigrement du polythéisme par Rome qui domine en maître à ce moment. De religion chrétienne, l’Empire Romain tient à coloniser et imposer cette religion à ces peuples que la géographie plus lointaine sauve mais pour combien de temps encore ? Le mur d’Hadrien est déjà construit en ce temps, permettant une trêve bien méritée dans des affrontements qui n’ont fait que trop de victimes. C’est donc au cœur d’un peuple celte, occupant les terres écossaises craignant la menace romaine que nous lirons ces aventures.

Grande amatrice d’Histoire, ce contexte n’a su que me charmer. Ajouté à cela, la plume d’Ambre Dubois est très agréable. Descriptive et poétique, elle s’adapte très bien à nous conter ce récit qui embarque la jeune destinée de plusieurs personnages. Tout d’abord, celle de Mévéa, jeune femme brune qui se réveille amnésique une nuit auprès des cromlechs. Mévéa, élément perturbateur dans le clan de l’Aigle, sera d’abord considérée comme une menace. Sauf que de périls, il y en a d’autres et bien pires qui mettront à rude épreuve la capacité d’adaptation de chacun. La présence de la jeune femme, dû au hasard ou non, tombera à point. Incitant la peur au début, elle se liera très vite à ses habitants et leur viendra en aide du mieux qu’elle le pourra. Concernant ce clan, il se compose de Galen et Brannos, les guerriers aux personnalités assez opposées, deux personnages dévoués et charmants mais plus agaçants concernant le second. Il a son humour et sa façon d’être avec la Femme, un peu macho quoi. Quant à Lennia, c’est un garçon manqué aimant jouer de l’épée, méfiante et caractérielle qui tombera aussi sous le charme de la jolie amnésique. Il y a le jeune Prasus, le point faible de Brannos en quelque sorte car il est la seule famille qu'il lui reste. Pradaeg aussi, le vieux vate du clan, assez mystérieux que nous finirons par découvrir un peu plus au fil du récit. Et puis le chef de clan, Rydec, un homme bourru qui haït notre héroïne… Mais ce monde ne se compose pas que d’humains, la nuit réserve ses surprises et pas des meilleures, enfin, tout dépendra de qui et pour qui car Mève a su attendrir le cœur des hommes mais pas seulement. Je ne citerai pas l’ensemble des protagonistes car ce livre en est vraiment riche. Et je précise, ce n’est pas un défaut comme on le voit souvent dans certains ouvrages parce que chacun sont travaillés suffisamment pour être retenus par le lecteur, c’est un point important vu la vitesse à laquelle l’histoire défile.

Outre l’importance des personnages, de multiples thématiques sont utilisées dans cette histoire, comme l’amour, la violence, la famille, les origines de ses peuples et leurs croyances, la quête d’identité… permettant une plongée vraiment réaliste aux cotés des acteurs du récit. Tout se rattache au cadre, même l’ambiance insufflée par la manière d’écrire de l’auteur. Vraiment, un récit sans faille !!

Ce premier tome, vous l’aurez compris, est riche en rebondissements. Seul point où j’ai été un peu bloquée, c’est l’intégration du « vampire » dans un tel univers qui a été le plus perturbant. Je n’aurais jamais associé les celtes avec ce personnage fantastique. Les banshees ou autres, je ne sais pas pourquoi ça me parle mais là, j’étais étonnée. Cependant, passée la surprise, j’ai été largement convaincue par la mise en scène dans le récit et puis le vampire existe depuis la nuit des temps dans bien des croyances, alors je ne sais pas pourquoi je n’y avais jamais pensé avant…. Ça m’a permis d’ouvrir mes horizons et de voir le fantastique sous un jour différent.

Si vous cherchez une lecture revigorante qui se lit bien dans un contexte plus qu’original, c’est bien celle-ci, je peux vous l’assurer.


Avis d'Inlandsis
La Dame Sombre, d'Ambre Dubois, est une plongée au delà du mur d'Hadrien, dans l'Écosse des Pictes lorsque les Romains tentaient d'étaler leur domination sur toute l'Europe occidentale. C'est donc une plongée dans une Histoire lointaine et mal connue auprès d'un des plus méconnus peuples, les Pictes.
Pour se replacer dans l'Histoire, dans les premières siècles après Jésus Christ, les Romains étendent leur autorité sur toutes les terres depuis les îles Britanniques (au sud du mur d'Hadrien) jusqu'aux confins de l'Asie Mineure. Les peuplades d'Écosse repoussées au nord du mur d'Hadrien sont les derniers celtes. A l'heure actuelle, notre point de vue sur l'histoire est celle des Romains et c'est toujours ce point de vue qui nous est présenté. Les Celtes sont des barbares et les Romains apportent les bienfaits de la civilisation, ainsi que le christianisme.
Le point de vue est ici différent. Ambre Dubois nous plonge dans le quotidien entre guerres et superstitions des derniers celtes (bien qu'on ne soit pas sûr que les Pictes étaient des celtes). En fait, dans l'imaginaire ordinaire, les Romains, devenus chrétiens, sont les porteurs de la civilisation et conquièrent les terres barbares des païens ignares et belliqueux (voire plus si manque d'affinité). L'auteur nous dépeint donc les barbares et on les découvre civilisés et très proches de la nature. Ils connaissent les plantes médicinales, vouent un culte à la mère Nature et la respectent profondément. Ils ont des croyances anciennes dont certaines ont perduré jusqu'à aujourd'hui et dont la plupart ont été réutilisées par les chrétiens dans leurs fêtes et leurs rites lors de l'évangélisation des peuples européens. Très documentée, l'auteur nous livre un ensemble cohérent et on prend plaisir à découvrir un peuple, une histoire d'un point de vue original.
Digne héritière des légendes et de la mythologie celte, l'histoire flirte avec le fantastique et la fantasy : la mythologie celte est l'une des bases principales de la fantasy moderne. De la magie, des vampires, des événements ésotériques : le récit colle alors davantage à la culture celte. On est plongé dans un univers riche et documenté sur le folklore de l'imaginaire celte. Vous n'y connaissez rien et à ce stade de ma chronique? Vous vous dites que ce roman n'est pas pour vous parce que vous ne comprendrez rien à toute cette mythologie celtique ? Pas du tout, l'auteur vous donnera toutes les clés pour bien comprendre le récit, sa base historique et mythologique. Vous apprendrez qui étaient les Tuatha de Danaan et les druides. Vous découvrirez une culture, des croyances, des mythologies que vous aurez probablement déjà rencontrée dans d'autres récits qui s'en inspirent.

Tout ça est bien joli, mais y a-t-il bien une histoire derrière tout ça ? En effet, c'est celle de Mévéa, une superbe jeune femme qui se réveille amnésique au pied d'un cromlech. Recueillie par le clan picte de l'Aigle, elle va, peu à peu, trouver sa place et aider le clan à faire face à l'envahisseur romain.
Bien que les ficelles soient parfois un peu grosses, quant à la relation entre Mévéa et Galen par exemple, on ne peut prévoir certains rebondissements et l'ensemble a beaucoup de rythme.
Mévéa, personnage principal et narratrice, est bien mystérieuse : amnésique, elle a des capacités hors normes qui la différencient des autres personnages. Profondément humaine, c'est une héroïne qui allie forces et faiblesses dans un mélange étonnant et réussi.
Les autres personnages sont relativement stéréotypés : Galen est l'archétype du gentil guerrier, par exemple, ou encore Morcant est un vampire classique, bien que pétri d'honneur...
L'originalité ne vient donc pas forcément des personnages, dont certains disparaissent totalement du récit alors qu'ils sont décrits dans le détail. Cependant, l'histoire de La Dame Sombre est agréable : une étonnante trahison dont on ne peut soupçonner l'auteur, ni les motivations. Finalement, ce roman, le premier d'une série, est un excellent premier tome, justement : on découvre un univers riche, on met en place des bases solides et suffisamment vastes pour construire une série qui promet d'être de grande qualité.

Malgré une petite coquille qui m'a dérangée en début de récit, la plume d'Ambre Dubois est à la hauteur de son sujet et la lecture est agréable, sans les lourdeurs et les longueurs de certains classiques du genre.

Une plongée dans une période méconnue de l'Histoire, documentée et convaincante, un récit riche et haletant, La Dame Sombre est assurément l'un de mes coups de cœurs de cette année 2012. J'ai vraiment hâte d'en lire la suite et je tiens à remercier l'auteur Ambre Dubois pour ce partenariat ainsi que le Sanctuaire de la lecture.


Avis d'Owllie
Dans ce roman, on suit les aventures de Mévéa, une jeune femme qui a perdu la mémoire et qui se réveille au pied d'un cercle de menhirs. L'action se passe en des temps fort anciens : la période picte.

Ce qui m'a attirée, dans ce livre, c'est précisément la période durant laquelle il se déroule. Du fantastique chez les Pictes, de quoi m’envoûter immédiatement. C'est une période que je n'avais encore jamais rencontrée dans le genre et j'ai trouvé que cela changeait beaucoup des livres que j'ai lus ces derniers temps. Par ailleurs, la couverture est tout simplement superbe, ce qui ne gâche rien !

C'est le premier roman que je lis d'Ambre Dubois, et je n'ai franchement pas été déçue ! C'est une excellente narratrice, je trouve. Elle a su m'emporter dans son conte féerique et celtique. Rien de trop dans ce livre. Ni trop ni trop peu, en fait. Les descriptions sont suffisantes et permettent de bien situer les personnages dans le contexte. Son écriture est fluide et tout en douceur.

Chacun des personnages de ce roman a un côté attachant. Ambre Dubois a bien su mêler les genres ainsi que les caractères. Mévéa et Galen forment un couple attendu, au final, mais néanmoins sympathique. Tous ceux qui interviennent dans l'histoire prennent ici la place qui leur revient, et les relations s'imbriquent correctement.
Outre l'amour, omniprésent dans ce roman, la guerre, la religion et la recherche de ses origines, se croisent et s'imbriquent sans aucune difficulté. La quête d'identité de Mévéa, nous conduit, comme un fil rouge, mais ne laisse pas de côté les états d'âmes des autres personnages. Chacun a sa propre histoire à raconter, et tout cela est très bien rapporté par Ambre Dubois, qui se fait le meilleur hérault qui soit.

Ce premier tome est plus qu'intéressant à mes yeux, et j'ai hâte de connaître la suite, en espérant que le ton donné à ce début ne soit que l'introduction d'une merveilleuse aventure.

Pour ce parfait instant littéraire, je tiens à remercier Ambre Dubois de la confiance qu'elle nous accorde, et le forum de m'avoir permis de participer à ce tour.


Avis de chtitepuce
Tout d'abord, je tiens à remercier Ambre Dubois pour ce partenariat, ainsi que le forum A&M.

Pourquoi ce tour ? Tout simplement parce que j’ai été attirée par cette couverture mystérieuse, ce titre qui l’est tout autant et ce résumé aguichant. Je n’ai pas été déçue.

La Dame sombre, c’est l’histoire de Mévéa, étrange femme aux yeux noirs et aux cheveux semblables aux plumes des corbeaux. Elle se réveille amnésique en centre d’un cromlech en plein territoire picte. Les pictes font partie des peuples celtes. Notre roman se déroule en Écosse et le mur d’Hadrien est le centre d’une croisade que les romains ont entamée pour conquérir et convertir ce peuple barbare. Ils sont comme enfermés de l'autre coté du mur et certains clans ont fini par disparaitre.
Sans rentrer dans un livre historique, Ambre Dubois montre qu’elle connaît son sujet et nous dépeint une civilisation loin de cette image primitive. J’y ai retrouvé la culture celte qui m’attire et que j’ai pu rencontrer dans d’autres romans.

Mévéa a été recueillie par le clan de l’Aigle. Ces derniers, tout d’abord réticents face à cette inconnue, finissent par l’adopter. On peut voir que le peuple picte reste accueillant malgré une certaine méfiance, surtout quand on voit comment les Romains les assaillent. Pradaeg, le « vate » du clan, sera une sorte de pont entre Mévéa et le reste de la communauté. Elle s’adapte d’ailleurs très bien et ne rechigne pas à la tâche. Elle demandera à Lennia, une chasseuse émérite, de lui enseigner son savoir.
Cette dernière est une jeune fille assez méfiante au premier abord, mais pleine d’énergie. On apprend à l’apprécier au fil des pages. Elle s’est amourachée de Brannos, un charmeur très protecteur de son frère Pragus, dénigré par les autres enfants.
Et comme il y a une belle héroïne, il nous faut le beau héros romantique et timide : Galen. Magnifique guerrier à la chevelure de feu, il attend l’élue de son cœur.
Des personnages bien développés, avec un passé souvent difficile. Par contre, j’ai trouvé leurs descriptions répétitives et donnant une certaine lourdeur au roman. Hormis cela, Ambre Dubois a une écriture agréable et poétique.
L’auteur aime mélanger les genres en nous incluant une communauté vampirique en déclin. Ces vampires se sentent aussi menacés par les romains et voient en Mévéa un signe du destin. La recette marche bien et je pense qu’elle ravira les lecteurs assidus des deux genres. En prime, un peu d’érotisme ; rien de transcendant mais plein de douceur et de tendresse.

La fin m’a laissée sans voix. Ambre Dubois m’a tout simplement ravie. Elle m’a ramenée à mes premières lectures, telles que Les enfants de la terre : une femme mystérieuse, compatissante, courageuse dans un monde tellement bien détaillé qu’on s’y croirait.
La première chose que j’ai faite : regarder quand sortirait la suite.


Avis de Lolly
La Dame sombre, premier tome des Damnés de Dana, nous entraîne immédiatement dans le vif du sujet. Une jeune femme se réveille au pied d'un cercle de menhirs, incapable de se rappeler son identité. Forcée à fuir par un étrange personnage menaçant, elle est recueillie par un clan picte et s'installe avec eux en attendant de retrouver la mémoire. Cependant, la quête de son passé n'est pas la seule préoccupation de la jeune femme ; en effet, le peuple celte est menacé, non seulement par les créatures des Ombres, mais également par les Romains, qui poussent leurs conquêtes de plus en plus au nord du mur d'Hadrien.

Comme j'ai un intérêt particulier pour le monde celte, c'est tout d'abord le décor et la période durant laquelle se déroule le roman qui m'ont attirée : des lieux magnifiques où la nature est reine, des légendes passionnantes, des dieux et autres créatures mystérieuses... L'idée d'y introduire des vampires me paraissait intéressante, quoique un peu étrange, car je ne les aurais jamais imaginés dans ce contexte. Je dois toutefois admettre que je me suis rapidement laissé séduire par ce mélange inédit qu'est la rencontre entre Pictes, Romains et Vampires... et peut-être même d'autres créatures mystérieuses, qui sait ?

La plume d'Ambre Dubois m'a une fois encore transportée par sa légèreté et son côté poétique. Malgré un rythme plutôt lent dans certains passages, on ne se lasse pas de la lecture ; les mots nous portent de découvertes en mystères, nous poussant à chercher des réponses, aux côtés de l'héroïne, sur son identité. De plus, les explications historiques nous permettant de faire connaissance avec les dieux et la culture celte s'insèrent très naturellement dans le récit ; n'importe quel lecteur a donc les clefs en main pour comprendre cette période passionnante de l'histoire.

L'intrigue en elle-même est bien construite, même si j'ai parfois trouvé qu'elle méritait d'être un peu plus développée ; tout semble un peu simple, les pièces du puzzle s'emboîtent de manière un peu trop parfaite pour que les événements soient réellement crédibles. De même, la relation amoureuse qui s'instaure entre notre héroïne et son jeune guerrier est un peu trop rapide à mon goût, mais ces passages romantiques sont toutefois très agréables et romantiques.

Nous rencontrons plusieurs autres personnages, ce qui est très agréable car nous ne nous focalisons par uniquement sur l'héroïne, comme c'est bien souvent le cas dans ce type de romans. Ainsi, chaque personne est bien développée et les descriptions précises des scènes nous permettent généralement de nous faire une idée précise de leur personnalité, y laissant toutefois la part de mystère nécessaire, en particulier dans le cas des Vampires.
Si la première partie du roman s'écoule de manière relativement paisible, malgré les différentes menaces pesant sur le clan picte et les interrogations de notre héroïne, la fin présente un retournement de situation qui m'a incroyablement surprise. Autant dire que je ne m'y attendais pas du tout et que l'effet est donc très réussi. L'unique élément que je pourrais critiquer dans ce sens, sans en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir des lecteurs, est que les raisons données pour expliquer cet acte me paraissent un peu faibles. En réfléchissant aux conséquences que cela entraîne, j'ai de la peine à m'imaginer que tout ait commencé ainsi. Cependant, comme il ne s'agit ici que d'un premier tome, la suite nous réserve peut-être encore des surprises et d'autres explications un peu plus convaincantes.

Ambre Dubois nous propose donc un roman riche en rebondissements, mêlant histoire et fantasy : dans un monde où la religion de Rome devient si importante sur tout le continent, nous découvrons les anciennes croyances d'un peuple celte proche de la nature et polythéiste qui doit se battre pour conserver sa culture et ses traditions. Des éléments mystiques s'ajoutent ensuite à la trame, nous proposant un alliage pour le moins original.

La Dame sombre est mon premier coup de cœur de l'année. Je remercie le forum A&M pour l'organisation de ce tour, les Éditions du Chat Noir pour leur confiance et, bien sûr, l'auteur pour son histoire entraînante et originale. J'attends la suite avec grande impatience !


Avis de louve
Je tiens en premier lieu à remercier les éditions du Chat Noir et le forum Accros et Mordus pour cette découverte qui, dans l'ensemble, m'a plu.

Mévéa se réveille au milieu de nulle part. Elle ne sait plus qui elle est, d'où elle vient, mais surtout, ce qui l'a amenée ici, blessée et effrayée. Lorsqu'un orage éclate, elle se rend compte qu'une ombre la surveille et, peut-être, la traque. Sous le choc, elle va fuir la potentielle menace et très vite se retrouver captive d'une tribu celte qui résiste aux envahisseurs romains. Là, elle tentera de découvrir qui elle est et de prouver aux Celtes qu'elle n'est pas une menace et encore moins une espionne romaine. Très vite, Galen, un guerrier de la tribu va lui faire confiance et, ensemble, ils vont tenter de sauver la tribu.

La Dame sombre est un roman qui, au départ, a mis du temps à me trouver. Il est assez lent à démarrer et le fait que notre héroïne ne sache rien de rien est assez gênant pour le lecteur, puisqu'il nous faut découvrir l'univers en même temps et qu'on patauge un peu. Cela dit, j'ai apprécié le style de l'auteur, qui est assez poétique et nous dépeint un univers assez sombre. Le mélange mythologie et magie fonctionne ici très bien et nous donne un roman plutôt détaillé et étonnant.

Utiliser des vampires dans ce contexte de guerre Celtes/Romains est agréable et donne une tout autre dimension à l'intrigue. Elle évite ainsi pas mal de clichés, surtout au niveau des vampires, qui se révèlent ici plus humains qu'ailleurs, même si toujours aussi mauvais.

D'ailleurs, ces mêmes vampires n'ont qu'un seul but : se protéger des Romains qui, semble-il, ont des armes efficaces contre les créatures de la nuit. Les diviser en clan est une idée certes peu innovante, mais sympathique et très bien utilisée dans ce contexte. Le fait qu'ils n'apparaissent pas tout de suite dans le roman est appréciable, puisque je pense que cela aurait fait un effet d'excès d'informations à assimiler pour le lecteur. Ambre a donc judicieusement placé leur intervention et les a rendu attirants, sans tomber dans le cliché du vampire « lover ».

Ce qui m'a également séduite, dans ce premier opus, c'est la guerre des Celtes et des créatures de la nuit contre les Romains, qui sont vraiment dépeints comme des hommes cruels et sans pitié, ne cherchant qu'à conquérir les terres pour devenir les « géants » de ce monde. Une armée nombreuse et maligne qui n'hésitera pas à tenter des alliances surprenantes pour mener à bien sa mission.

Je parlais de magie tout à l'heure, même si l'on est davantage avec de la prémonition et de la voyance que de la magie pure et simple. Notre héroïne va se rendre compte qu'elle peut découvrir le passé et le futur de ceux qui l'entourent et c'est une idée qui n'a pas été, je trouve, suffisamment exploitée. Sa prémonition face au roi Urien, par exemple, m'a semblé inopportune et inutile puisqu'elle n'a pas d'impact sur ce premier tome, mais peut-être sur la suite, qui sait.

Enfin, j'ai apprécié que les personnages secondaires apportent quelque chose au roman. Brannos, par exemple, donne une touche d'humour fort appréciable, avec son caractère simple et amusant, tandis que Lennia est une jeune femme avec du caractère et un sang-froid unique. C'est un personnage que j'ai beaucoup apprécié pour son tempérament. J'ajouterais que Morcant le vampire m'a un peu fait penser à Spike, de Buffy, ou encore Éric, de True Blood, avec son côté, "je ne suis pas gentil, mais pas spécialement cruel non plus, j'agis selon mes principes et dans mon intérêt".

La Dame sombre possède des qualités indéniables, mais ce roman souffre aussi de quelques petits défauts qui ont empêché le coup de coeur et réduisent l'effet final de ce premier opus.

J'ai trouvé que le récit souffrait de quelques longueurs, comme le début qui met trop de temps à démarrer et à placer les éléments déclencheurs de la suite. Mévéa atterrit comme un cheveu sur la soupe dans un environnement hostile et, trop vite, elle s'y fait et est acceptée par une tribu en guerre et qui souffre de l'oppression des Romains. J'ai du coup peu apprécié qu'elle sache si bien manier certaines armes et que la jeune femme effrayée et perdue du début devienne presque une guerrière qui s'en va combattre pour une cause qui ne la regarde pas puisqu'elle ignore qui elle est.

De même, la romance qui a fait chou blanc, pour ma part, ne m'inspire rien du tout. En fait, l'explication est assez simple : Mévéa tombe trop vite sous le charme de Galen, ce guerrier décrit comme un homme viril et fort, alors qu'en réalité c'est un « puceau trop émotif » avec Mévéa. De le voir sans cesse s'inquiéter sur ses performances sexuelles avec l'héroïne m'a bien fait rire, tant c'est contradictoire avec sa première présentation. Cela m'a littéralement refroidie et fait perdre de l'estime pour ce personnage.

En bref, la Dame sombre est un assez bon premier tome. L'écriture y est agréable et permet de boucler le roman en quelques heures à peine. J'y regrette une romance mal tournée et inefficace, mais je suis ravie de voir des personnages secondaires aussi bien traités.


Avis de Chouquette
Ambre Dubois est une auteur que j’ai eu la chance de connaître grâce à son excellente série Les soupirs de Londres l’année passée et j’avais donc une grande hâte de découvrir ce roman et de me plonger dedans. Et quel plaisir ce fut ! L’écriture d’Ambre Dubois m’a une nouvelle fois complètement charmée, m’entraînant dans une histoire et un monde qui m’ont parlé tout au long de l’intrigue.

Mévéa se réveille une nuit dans un lieu étrange en se demandant comment elle est arrivée ici et de quelle façon elle s’est blessée. Quand une vision cauchemardesque l’assaille, elle s’enfuit pour tenter de sauver sa peau avant que des autochtones ne la sauvent, même s’ils la prennent pour une espionne ou un démon. Mais Mévéa ne sait plus qui elle est, ni d’où elle vient, et va se retrouver confrontée à des choses dont elle ne comprend pas le sens, jusqu’au jour où elle apprend qui elle est vraiment et que tout bascule…

Un univers celtique omniprésent


Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, c’est l’univers celtique qui est omniprésent. Les traditions comme les coutumes ou les légendes ; tout nous rappelle l’Irlande ou la Bretagne et, pour les amoureux de cette culture, c’est un vrai régal. Ambre Dubois nous livre donc ici un roman qui est très documenté sur le sujet, permettant au lecteur de découvrir un monde de vampires et de créatures mythiques dans une culture où les Dieux ont un rôle très important et où l’on croit fortement à la sorcellerie.

En lisant La Dame Sombre, je me suis retrouvée transportée en territoire celtique à travers une histoire que je ne connais que très peu, mais dont la culture ma fascine. Ainsi, j’ai eu l’impression, par moments, de revivre ce merveilleux voyage en Irlande que j'ai eu l'occasion de faire, de redécouvrir ces légendes qui ont tant de pouvoir et sont le cœur même d’un peuple entier. Ambre Dubois et son talent d'écriture m’émerveillent véritablement ; elle vous fait voyager d’un pays à l’autre le temps de vous conter une histoire au coin d’un feu de camp par une belle nuit d’été.

Entre amour et trahison…


Par moments, ce roman m’a rappelé Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer, mais vraiment dans des tons très légers et principalement au début, où je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle entre Gaby et Mévéa, toutes deux considérées comme des espionnes alors qu’il n’en est rien. Malgré tout, ces deux personnages n’ont rien à voir et j’ai énormément apprécié Mévéa pour ce qu’elle est : une jeune femme quelque peu perdue, qui ne comprend pas tout ce qu’il lui arrive.

Cependant, je regrette que l’on ne nous parle pas plus de l’histoire d’amour naissante entre Mévéa et Galen. J’ai par moments eu l’impression qu’elle arrivait sans que l’on comprenne vraiment pourquoi et c’est quelque peu dommage. Néanmoins, la fin est inattendue ; je ne m’y attendais pas du tout et ce fut une agréable surprise d’être surprise ! Elle est très prometteuse pour la suite (que j’ai véritablement hâte de lire) et, surtout, nous rappelle à quel point on ne connaît jamais vraiment les personnes qui nous entourent.

Un roman fascinant


Mais La Dame Sombre, c’est aussi un roman à l’ambiance à la fois magique et violente où les croyances celtiques ont une importance considérable. Ambre Dubois vous emmène dans un monde à la fois réel et imaginaire, un monde où rien n’est facile et où les personnages ont tous un véritable caractère affirmé. Encore une fois, elle ne fait pas dans la facilité et nous prouve tout le talent des auteurs francophones. Suspense et action, voilà ce qui vous attend avec ce roman !
Je n’aurais qu’une chose à dire : à quand la suite ?!

Je remercie donc chaudement le forum Sanctuaire de la Lecture et l’auteur, qui m’ont permis de lire ce roman.


Avis d'Aurélie
Le premier tome de la saga Les Damnés de Dana, La Dame Sombre nous transporte au cœur du folklore celte, au IIème siècle, époque durant laquelle Hadrien dirige Rome. C’est d’ailleurs Hadrien qui met fin au désir d’expansion de l’Empire et qui, pour protéger ses terres des « barbares », décide d’ériger un mur en Bretagne, connu sous le nom de « mur d’Hadrien ». C’est dans ce contexte historique que nous suivons Mévéa, jeune femme qui se réveille au sein d’un sanctuaire celte, sans aucun souvenir. Elle ne sait rien d’elle-même mais est sûre d’une chose, elle est celte : malgré ses attributs qui la font passer pour une romaine, elle connait la culture celte. Ce premier tome est donc l’introduction du personnage au sein d’une tribu, de croyances, d’une guerre à venir aussi.

Je me suis laissée happer par l’histoire contée dans ce livre. Grande amatrice de l’histoire des celtes, je n’ai pas été déçue par son approche. Ambre Dubois a su exploiter comme il le fallait le folklore et en faire une histoire percutante. Là où certains se seraient contentés de ne s’intéresser qu’aux celtes, l’auteur a impliqué les romains, ce que j’ai beaucoup apprécié. La base historique est respectée ce qui permet de rendre l’intrigue fantastique du roman plus accrocheuse à mon sens. Un très bon point donc par cet aspect du roman.

La mythologie utilisée est très intéressante mais surtout osée : les druides, les vates, les dieux celtes ont leur place dans le folklore, mais la présence de vampires est une prise de risques. On retrouve le mythe du vampire dans la mythologie celtique mais pas sous la forme qu’on nous sert à outrance dans la littérature actuellement et c’est appréciable. Il est revisité, adapté à l’univers du roman et a réussi à me séduire. Les incubes et succubes sont associés aux vampires chez les celtes, ce qui est abordé dans le livre, et l’intégration de la créature m’a peu à peu paru très naturelle. La seule chose que j’ai regrettée est l’utilisation du terme « vampire » qui, si je ne me trompe pas, est un terme âgé de quelques siècles seulement.

L’intrigue du roman tient la route même si j’ai mis un nom un peu trop vite à mon goût sur le traître de l’histoire. Pour un premier tome, j’ai été agréablement surprise de voir que je ne me suis pas ennuyée : il m’arrive souvent de perdre rapidement mon intérêt pour une histoire lorsque les informations ne sont pas assez nombreuses ou lorsqu’on essaie de garder une part de mystères trop importante en pensant appâter le lecteur, et je n’ai pas eu ce problème avec ce livre. La couleur de la suite de l’histoire est annoncée, que ce soit au niveau de l’intrigue principale ou même des intrigues secondaires, et j’ai eu suffisamment de matière pour avoir envie de lire la suite.

La plume de l’auteur m’avait déjà séduite avec Marquise des Ténèbres et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé un style fluide, agréable à lire et toujours aussi efficace.

Le seul problème réel que j’ai eu avec le livre se situe au niveau des personnages. Je les ai appréciés, j'ai aimé les découvrir au fil des pages mais certaines de leurs réactions répétitives m’ont un peu gênée. La relation entre Mévéa et Galen ne m’a pas paru suffisamment naturelle. Certes, l’allusion au lien qui existe entre eux justifie leur proximité mais leurs réactions mutuelles déconnectées de la réalité ont effrité mes émotions à leur sujet. Galen qui est un grand guerrier apprécié des jeunes femmes, qui est sûr de lui, charismatique, drôle, attachant et qui… Est vierge, et bien ça n’a pas fonctionné pour moi. Surtout lorsque Mévéa se dit qu’il est un « excellent amant » après leurs premiers ébats : ce manque de réalisme m’a perdue sur le chemin de l’amour entre les deux personnages. Certaines réactions de l’héroïne m’ont aussi parue moins naturelle, comme lorsqu’elle se tient face au Père, ou encore lorsqu’elle n’accepte pas la méfiance de Rydec : elle-même doute de qui elle est réellement, le dit et pourtant, elle ne comprend pas que les autres ne lui fassent pas confiance en un battement de cils. Au-delà de cela, les personnages sont creusés et pas simplement survolés ce qui permet de mieux plonger dans le roman. J’ai beaucoup aimé Brannos et Lennia et espère en apprendre plus sur eux et notamment sur leur relation. La reine du clan de l’Ours est un personnage secondaire qui m’a beaucoup intriguée : mystérieuse, aliénée- et à raison – détenant sûrement des informations qui seront utiles dans les prochains romans.

Ce premier tome est donc un très bon livre, bien documenté, avec une histoire qui s’annonce solide et des personnages intéressants. Le petit bémol que représente la relation entre Galen et Mévéa n’a pas entaché mon intérêt et c’est avec plaisir que je lirai la suite. Comme lors de ma première aventure dans son univers, Ambre Dubois a su me captiver. Je la remercie donc pour cette lecture via le forum A&M.